Georges SALENDRE

SALENDRE Georges, né en 1890 à Romanèche-la-Montagne (Ain), décédé en 1985 à Lyon (Rhône), sculpteur, membre du PCF, conseiller municipal communiste de Lyon à la libération.

Georges Salendre est né le 1er mars 1890 dans un petit village des contreforts du Jura, Romanèche-la-Montagne. Quatorze ans plus tard, il entre comme apprenti-tailleur de pierre aux carrières de Grand-Corent, dans l''Ain. A 18 ans, lorsqu'il arriva à Lyon pour trouver de l'embauche dans le bâtiment, il doubla ses heures de travail par des heures d'études à l'Ecole des Beaux-Arts. Il s'y fit remarquer, jusqu'à remporter le premier prix de sculpture en 1913. Cette même année, il rencontra celle qui sera la compagne de toute une vie, Angélique Tardy, qu'il épousera en 1921.

En août 1914, Salendre fut mobilisé et affecté au 6ème régiment d'artillerie de campagne, unité au sein de laquelle il allait combattre jusqu'en mai 1918, quand il fut grièvement blessé par une salve d'obus allemands en Champagne. Laissé pour mort sur le champ de bataille, il survécut grâce aux chirurgiens lyonnais qui réussirent à sauver ce grand jeune homme aux poumons crevés par les shrapnels. De cette guerre, il ramena une citation à l'ordre de l'armée, la croix de guerre et la médaille militaire, mais aussi une santé à jamais chancelante et, enfin et surtout, un fort sentiment pacifiste qui le conduisit à s'engager quelques années plus tard dans les rangs du Parti communiste.

Après la guerre, Salendre retrouva le quartier de la Croix-Rousse où il allait vivre jusqu'à la fin de ses jours et ses ciseaux de sculpteur avec lesquels il allait s'accomplir.

Il s'affirma comme un artiste lyonnais et réussit son pari grâce à deux rencontres. Avec Tony Garnier, d'abord, avec lequel il partagea une même inspiration qui déboucha sur un véritable compagnonnage. Avec Edouard Herriot ensuite, qui fut son principal mécène et qui lui passa sa première commande officielle : le Christ qui décore la chapelle de l'hopital Grange-Blanche (aujourd'hui hôpital Edouard-Herriot). On dit alors Salendre encore hanté par le souvenir de la grande guerre, au point d'avoir donné au crucifié le visage d'un de ses camarades de combat, tué au Mont-Rouge, en Belgique.

Entre la ville et l'artiste, un mariage se noua. On en connaît les enfants, dont le plus célèbre reste le "Veilleur de pierre" qui perpétue place Bellecour le souvenir des Résistants morts pour la France et la liberté. On connaît moins, et c'est dommage, le reste de son oeuvre, faite notamment de portraits beaucoup plus fins et de nus aux rondeurs voluptueuses : Georges Salendre était avant tout un sculpteur du corps féminin, comme l'attestent plusieurs des statues encore présentes aujourd'hui dans Givors.

Georges Salendre militait de surcroît. Avec les amis d'Henri Barbusse en politique, avec des peintres et des écrivains dans le domaine artistique. C'est ainsi qu'il fut, en 1925, l'un des fondateurs de L'Union des arts plastiques qui allait donner naissance au Salon du Sud-Est. C'est à cette occasion qu'il rencontra Utrillo et Suzanne Valadon dont il fit ses amis.

Il travaillait alors beaucoup et vit ses efforts récompensés, en 1937 , lorsqu'il reçut le grand prix de l'exposition internationale de sculpture de Paris. En accord avec ses idées, il rejoignit la Résistance durant l'occupation au sein du mouvement « Franc-Tireur ». A la Libération, sa réputation sans tache lui valut d'être élu conseiller municipal communiste de la ville alors que son vieil ami Herriot retrouvait son mandat de maire de Lyon.

Indifférent à l'air du temps, Georges Salendre continua après guerre à tailler cette pierre de Bourgogne venue des carrières de Pouillenay, de Pretty et de Charnay qu'il avait retrouvé, pour en extraire de nombreux monuments à la Résistance. Ses oeuvres se mutiplièrent. Non seulement à Lyon mais aussi dans nombre de municipalités communistes de la région, et notamment à Givors où il s'était lié d'amitié avec Camille Vallin, maire de la ville de 1953 à 1993.

Georges Salendre décéda en mars 1985 à Lyon, avant d'avoir pu mener à terme son dernier projet : un monument au confluent du Rhône et de la Saône.