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Entre la ville et l'artiste, un mariage se noua. On en connaît les enfants, dont le plus célèbre reste le "Veilleur de pierre" qui perpétue place Bellecour le souvenir des Résistants morts pour la France et la liberté. On connaît moins, et c'est dommage, le reste de son oeuvre, faite notamment de portraits beaucoup plus fins et de nus aux rondeurs voluptueuses : Georges Salendre était avant tout un sculpteur du corps féminin, comme l'attestent plusieurs des statues encore présentes aujourd'hui dans Givors.
Georges Salendre militait de surcroît. Avec les amis d'Henri Barbusse en politique, avec des peintres et des écrivains dans le domaine artistique. C'est ainsi qu'il fut, en 1925, l'un des fondateurs de L'Union des arts plastiques qui allait donner naissance au Salon du Sud-Est. C'est à cette occasion qu'il rencontra Utrillo et Suzanne Valadon dont il fit ses amis.
Il travaillait alors beaucoup et vit ses efforts récompensés, en 1937 , lorsqu'il reçut le grand prix de l'exposition internationale de sculpture de Paris. En accord avec ses idées, il rejoignit la Résistance durant l'occupation au sein du mouvement « Franc-Tireur ». A la Libération, sa réputation sans tache lui valut d'être élu conseiller municipal communiste de la ville alors que son vieil ami Herriot retrouvait son mandat de maire de Lyon.
Indifférent à l'air du temps, Georges Salendre continua après guerre à tailler cette pierre de Bourgogne venue des carrières de Pouillenay, de Pretty et de Charnay qu'il avait retrouvé, pour en extraire de nombreux monuments à la Résistance. Ses oeuvres se mutiplièrent. Non seulement à Lyon mais aussi dans nombre de municipalités communistes de la région, et notamment à Givors où il s'était lié d'amitié avec Camille Vallin, maire de la ville de 1953 à 1993.
Georges Salendre décéda en mars 1985 à Lyon, avant d'avoir pu mener à terme son dernier projet : un monument au confluent du Rhône et de la Saône.
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